L’histoire est inspirée de mon expérience personnelle d’immigrante, vivant simultanément dans deux cultures, chinoise et occidentale. C'est une réalité riche et fascinante qui s’accompagne aussi de confusion, de conflits et de sacrifices. L’histoire d’une femme gaie chinoise refoulée poursuivant son identité et sa liberté peut spécifiquement refléter cette coexistence des cultures dans leur fusion et leur dilacération. Le film explore la tragédie d’un couple d’immigrants chinois vivant un mensonge au sujet de leur sexualité. Deux questions essentielles émergent: la nature humaine peut-elle réellement être libérée au sein d’une seule culture, même libre et ouverte ? Existe-t-il vraiment une « nouvelle terre » pour les immigrants en quête de liberté d’esprit ? À travers l’histoire d’amour et de sexualité de deux femmes aux cultures et idéologies différentes, j'examinerai le dilemme profond qui est au cœur de la vie d'immigrant.

Le film s’articule autour de deux conflits: un conflit externe, entre le passé en Chine et la réalité de Montréal qui s’entrechoquent, et un conflit interne, où la peur, le désir et le courage s’affrontent en Feng Xia. Feng Xia vit une période difficile et symbolique pour une femme : la ménopause. Elle sent sa vitalité décliner, consciente de l’irréversibilité de ce processus. Elle pose alors un acte de courage: reprendre sa vie en main, profiter de la liberté que lui offre son nouveau pays et, finalement, vivre pleinement sa sexualité. C'est une liberté généreuse, même luxueuse, mais elle comporte également sa part de danger et de cruauté. La décision de Feng Xia d’aimer une femme n'est pas prise à la légère, ni le fruit du hasard, mais une décision qui a fermenté en elle toute sa vie. Ce film suit son chemin tortueux, explorant les conséquences profondes de ce choix.

À travers la famille de Feng Xia, les tensions entre les cultures chinoise et québécoise sont mises en lumière: elles sont à la fois fusionnelles et conflictuelles. Chaque membre de la famille vit une version différente du déracinement. Les enfants s’adaptent facilement à leur environnement québécois. Bien qu’ils comprennent le mandarin, ils ne le parlent pas, alors que leurs parents insistent pour communiquer dans leur langue maternelle. Deux langues construisent ainsi deux mondes sous un même toit. Feng Xia et Wang Jun, quant à eux, essaient de préserver leur héritage culturel. Mais alors que Feng Xia suit un cours de francisation afin de ne pas perdre le lien avec ses enfants, Wang Jun, lui, refuse de s’intégrer. En pleine crise de la cinquantaine, prisonnier de son passé ainsi que d’une vision traditionaliste du monde, il voit peu à peu son autorité s’effriter, à mesure que la famille s’éloigne.

Wang Jun est un homme brisé par l’exil. Incapable d’exercer sa profession, il trouve refuge dans le nationalisme et la nostalgie pour une Chine idéalisée. Pour lui, perdre son rôle de mari est une humiliation insurmontable. Feng Xia, quant à elle, ne s’ennuie pas de son passé. Son pays natal l’a dépouillée de la liberté de vivre le vrai amour et l’a forcée à réprimer son identité. En choisissant d’explorer sa sexualité, elle rejette cette oppression, cherchant en Camille, une jeune Québécoise libre et insouciante, une renaissance qui lui a toujours été interdite. Mais ce réveil est aussi un choc. Lorsque Wang Jun découvre la vérité, son monde s’effondre. Il est lui aussi une victime des traditions profondément ancrées dans la morale chinoise.

Cette scène, lorsque la famille prend la route pour l’aéroport, est une métaphore puissante. Doivent-ils retourner à leurs racines ou accepter le déracinement? L’exil est irréversible. Où qu’ils aillent, ils restent en marge. C’est dans ce dilemme cruel que s’inscrit la relation entre Feng Xia et Camille. Camille, jeune et libre, incarne l'inaccessible. Pour Feng Xia, c’est le grand dégel, l’impulsion de désir qui revient à la vie après un long hiver. Mais leur relation est vouée à l’échec: l’écart générationnel et culturel est trop grand. Alors que Camille vit un amour sans contrainte, Feng Xia y voit une révolte profonde contre une vie de répression, et projette en elle un amour de jeunesse avorté.

L’histoire oscille entre une relation passionnelle et la gravité d’un drame familial. La sexualité est une force motrice essentielle, non seulement pour le plaisir, mais aussi comme un ultime recours contre l’auto-destruction. L’été à Montréal, la chaleur, les sueurs, la ménopause—tout dans le film participe activement à illustrer cette tension accablant Feng Xia. Elle brûle de désir, mais ce feu est aussi celui de la destruction. À travers ce film, je veux montrer une femme qui, après une vie de répression, ose enfin franchir le pas. Mais la liberté, loin d’être une délivrance immédiate, est un terrain mouvant qui exige à la fois courage et renoncement.

Le titre « Montréal, ma belle » représente l'amour et la liberté que Feng Xia acquiert après une demi-vie d'attente. Une histoire traitant d’une femme gaie chinoise dans la cinquantaine au grand écran n’a jamais été faite au Québec, en Chine ou ailleurs. L’homosexualité est toujours un tabou en Chine et est strictement interdit, encore aujourd'hui. Ce film est significatif non seulement pour mon cheminement créatif personnel, mais aussi pour le mouvement gai. Il est fait en l’honneur de tous ceux qui vivent encore des injustices.

Intentions de réalisation


XIAODAN HE · Réalisatrice, scénariste et coproductrice

Xiaodan He a étudié la production cinématographique à l’Académie de Cinéma de Pékin, en Chine. En 2002, Xiaodan immigre à Montréal, au Canada. En 2018, avec son premier long-métrage de fiction, Un printemps d'ailleurs, Xiaodan devient la première cinéaste d’immigration chinoise à obtenir, au Canada, des subventions gouvernementales à la réalisation d’un long-métrage de fiction. Les principales œuvres de Xiaodan incluent Danse des étoiles (fiction, 80 min), Cairo Calling (fiction, 9 min), Terre de femmes (documentaire, 48 min), Un printemps d'ailleurs (long-métrage, 82 minutes) et Mon père et sa mélancolie (documentaire, 78 min).

  • Montréal, Ma Belle (2025, long-métrage de fiction - Scénariste, réalisatrice, coproductrice)

    Festivals : 

    • Festival du Nouveau Cinéma - Première mondiale

    • Windsor International Film Festival - Nommé pour le WIFF Prize in Canadian Film

    • Reelworld International Film Festival

    • Reel Asian International Film Festival

    Mon père et sa mélancolie (2022, long-métrage documentaire - Scénariste, réalisatrice et productrice)

    Festivals : 

    • Les Rendez-vous Québec cinéma - Nommé pour le prix Pierre-et-Yolande-Perrault

    • 39e Festival International du Film sur l’Art

    • 30e International Festival of Ethnological film in Belgrade - Compétition pour le grand prix

    • Silk Road International Film Festival (Irlande)

    Un printemps d'ailleurs (2018, long-métrage de fiction - Scénariste, réalisatrice et coproductrice)

    Festivals : 

    • Festival du cinéma indépendant de Rome -Prix du Meilleur drame

    • 41e Asian American International Film Festival, New York - Prix de la Meilleure réalisatrice émergente

    • Barcelona Planet Film Festival - Prix de laMeilleure scénarisation

    • Perspective Canada à Cannes 2018 -Sélectionné par Téléfilm Canada

    • Festival Nouveau Cinéma de Montréal

    • Shanghai International Film Festival

    • Rendez-vous Québec Cinéma

    • 18e Reelworld Film Festival

    • Cinéfest Sudbury International Film Festival

    Mention spéciale :

    • Les 20 meilleurs films issus de la diaspora asiatique en 2018 (le site de Critiques de cinéma Polygon aux États-Unis)

    It's a girl (2012, long-métrage documentaire - Coréalisatrice pour la partie en Chine, produit aux États-Unis)

    Terre de femmes (2009, documentaire - Scénariste, réalisatrice et productrice)

    Festivals : 

    • National Geographic Film Festival (Washington D.C.)

    • Reel China Documentary Biennial ( Université de New York/Yale)

    • Festival des Films du Monde (Montréal)

    • Barcelona International Women’s Film Festival (Barcelone)

    • Rendez-vous Québec Cinéma

    • Geneva Film Festival (États-Unis)

    Cairo Calling (2006, court-métrage de fiction - Scénariste, réalisatrice et coproductrice)

    Festivals : 50 festivals dans le monde incluant :

    • Fresno Reel Pride (États-Unis) - Prix du public, meilleur court-métrage

    • Festival Image et Nation (Montréal) -Prix du public

    • Worldwide Short Film Festival (Toronto)

    • Inside Out Film Festival (Toronto)

    • Le Glitch, Festival du court-métrage (Montréal)

    • Women in Film Festival (Vancouver)

    Danse des étoiles (2001, long-métrage de fiction - Scénariste, réalisatrice et productrice)

    Festivals :

    • Rendez-vous Québec Cinéma

Équipe technique

  • MARIE DAVIGNON, C.S.C. · Directrice de la photographie


    Marie Davignon est une directrice de la photographie canadienne qui œuvre depuis plus de 15 ans. Son portefeuille englobe un large éventail de projets, y compris la suite la plus attendue de Netflix, Code 8 partie II (février 2024).

    Son impact dans l’industrie a été souligné par une nomination aux Prix Écrans canadiens pour la « Meilleure photographie » reconnaissant sa contribution au film de Tracey Deer sur le passage à l’âge adulte centré sur la crise d’Oka, Beans. Présenté en première au Festival international du film de Toronto 2020, le film a connu un succès notable, remportant le prix du « Meilleur film » aux Prix Écrans canadiens, le prestigieux Ours de Cristal à la Berlinale 2021 et la distinction du « Meilleur film canadien » au Festival international du film de Vancouver en 2020.

    Parmi les œuvres les plus marquantes de Marie, se démarque le long métrage Black Conflux de Nicole Dorsey. Le film a été sélectionné dans de nombreux festivals de cinéma, dont le Festival international du film de Santa Barbara et le Festival international du film de Toronto, où il s’est lancé dans la tournée des dix meilleurs au Canada. La photographie de Marie dans ce film lui a valu un prix au Vancouver International Women in Film Festival et une nomination dans la même catégorie au Whistler International Film Festival. Marie a également été nommée pour la « meilleure photographie » aux Prix Écrans canadiens pour son travail dans le documentaire de Micro_Scope, Fermières, réalisé par Annie St-Pierre, et au Festival international du film de Vaughan pour son travail sur Black Friday de Stéphane Moukarzel.

    Les projets les plus récents de Marie incluent Mlle Bottine (2024), le long métrage Balestra (2024), ainsi que Montréal ma belle (2025).

  • TAO GU · Monteur


    Depuis 2011, Tao Gu a élargi sa pratique cinématographique, en mettant l’accent sur le montage de longs métrages documentaires. Les films qu’il a montés ont été sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux de renom, dont l’IDFA, les RIDM, Visions du Réel, le Cinéma du Réel et le Festival des 3 Continents, récoltant de nombreuses récompenses. En 2016, il a collaboré avec la réalisatrice Xiaodan He au montage du long métrage de fiction Un printemps d’ailleurs, qui a remporté le Prix du Meilleur Film au Festival du film indépendant de Rome. Leur seconde collaboration, Montréal, ma belle, illustre encore davantage son talent de monteur.

  • GREG NOWAK · Concepteur artistique


    Passionné par les arts et le design, c’est le plaisir de la création artistique et de la culture qui ont poussé Greg Nowak à devenir Directeur Artistique et Concepteur Visuel.

    Après une école d’art parisienne, son entrée comme peintre de décors à l’Opéra de Paris lui permet d’intégrer le milieu du spectacle. Touche-à-tout, c’est en s’immergeant dans différentes pratiques artistiques incluant la peinture scénique, le travail du bois et du métal, qu’il comprend cependant que la création de décors, la gestion d’une équipe artistique efficace autant que sympathique et les contraintes créatives combinent ses intérêts et sa force.

    Quel que soit le projet fiction, publicité, événementiel et autres, c’est la volonté de livrer le meilleur des résultats qui est toujours au cœur de ses préoccupations.

    Grand voyageur, passionné de Japon où il s’est rendu à maintes reprises, Greg a travaillé à différentes occasions à l’étranger.

    Aline a été nommé dans la catégorie meilleure direction artistique aux Césars. Anime  lui a valu le prix de la meilleure direction artistique du festival Spasm.

    Il a également assuré la direction artistique du long métrage Un Ange à la Mer, récipiendaire du grand prix du festival de Karlovy Vary.

  • GAËTAN GRAVEL · Compositeur


    Gaëtan Gravel est compositeur, musicien et producteur. Il compose pour le cinéma, la télévision et les arts visuels. Il a signé la musique de plus d’une vingtaine de longs métrages, de ballets et d’environnements musicaux pour des expositions muséales. Il marie diverses techniques d’écriture et de production et a reçu des nominations et des récompenses nationales pour ses musiques orchestrales, électroniques et expérimentales.

    Son approche sensorielle de la musique de film combine de nombreuses techniques de création et de production, allant de l’enregistrement de terrain à l’échantillonnage et à l’écriture orchestrale. Elle entremêle instruments acoustiques, électroniques et sons concrets afin d’explorer la dimension émotionnelle de la narration et de conférer une voix singulière au personnage invisible qu’est la musique de film.

    Il a notamment signé des musiques pour Sophie Dupuis (SOUTERRAIN, CHIEN DE GARDE), Eisha Marjara (VENUS), Raymond St-Jean (CRÉPUSCULE POUR UN TUEUR), François Girard (CARGO, LE DORTOIR), Charles Binamé (ELEPHANT SONG), Rudy Barichello (MEETINGS WITH A YOUNG POET), Olivier Asselin (LE CYCLOTRON).

    Il est récipiendaire du 2014 Alex North Award for Film Music ainsi que du prix SOCAN 2016 pour la musique de télévision internationale et d’un Classique de la SOCAN. Il vit et travaille à Montréal.

  • CHRISTINE FALCO · Productrice


    Christine Falco est une productrice québécoise de longs métrages, de documentaires et d’œuvres en réalité mixte (XR), engagée dans la création de contenus riches et de récits forts. En 2000, elle fonde Films Camera Oscura, où elle collabore avec des créateurs émergents et des cinéastes chevronnés pour produire des œuvres portées par leur vision singulière du monde. À ce jour, elle a produit plus d’une trentaine de films qui ont été sélectionnés et primés au Canada et à l’international, notamment à Berlin, Sundance, SXSW, Rotterdam, Hot Docs et TIFF. Diplômée des programmes ACE, EAVE et du Rotterdam Lab, elle a été nommée pour le prix du Meilleur documentaire en 2018 et 2020 aux prix Écrans canadiens et au Gala Québec Cinéma pour Sur la lune de nickel (2017) et Ziva Postec. La monteuse derrière le film Shoah (2019). En 2025, elle remporte le Prix Gémeaux pour la Meilleure émission documentaire: Biographie, art et culture pour Au boute du rien pantoute de Jérôme Sabourin, coproduit avec Angélique Richer de Mustang Productions. 

    Parmi ses films les plus remarqués figurent Platanero (2025, première en compétition à Sundance), Joseph Rouleau – Dernier rappel (2024, première à SXSW dans la compétition XR), Que le fan soit avec toi (2022, Prix du public Argent pour le meilleur documentaire au Festival Fantasia), Juste moi et toi (2019, Ours de cristal du meilleur court métrage à la Berlinale), Ziva Postec. La monteuse derrière le film Shoah (2019, première à Rotterdam, Prix Iris du meilleur montage documentaire au Gala Québec Cinéma), Le cyclotron (2017, Prix du meilleur scénario et de la meilleure direction photo au Festival de Whistler), Sur la lune de nickel  (2017, première à Visions du Réel à Nyon, Prix du cinéaste canadien émergent à Hot Docs), Scratch - Un Hip-Opéra (2015, Prix Écrans canadiens de la meilleure chanson originale), Bidonville: Architectures de la ville future (2014, première à Hot Docs, Prix du jury au Festival du film environnemental de Paris), et Roche Papier Ciseaux (2013, Prix Jutra de la meilleure musique originale).

  • FILMS CAMERA OSCURA


    Fondée en 2000 par la productrice Christine Falco, Les Films Camera Oscura est une société basée à Montréal, dédiée au développement et à la production d’œuvres de fiction d’auteur, de documentaires et de créations immersives. Avec plus de trente films à son actif, la société a reçu de nombreuses distinctions et a été sélectionnée dans les plus grands festivals, notamment Berlin, Sundance, SXSW, Rotterdam, Hot Docs et TIFF. Parmi ses récentes réalisations, on compte trois sorties internationales en 2024 ainsi que le lancement de sa première coproduction internationale. En 2025–2026, la société présentera quatre nouveaux projets, dont Montréal, ma belle de Xiaodan He, consolidant ainsi sa réputation pour des récits audacieux et culturellement significatifs.

    www.cameraoscurafilms.com

  • RED DAWN PRODUCTIONS

    Red Dawn Productions a été fondée par Xiaodan He en 2013 à Montréal. La société a pour mission principale de produire des films reflétant la réalité et la culture des groupes minoritaires au Canada et ailleurs, en particulier à travers le destin des femmes marginalisées. Red Dawn Production a produit un moyen métrage documentaire : The Fall of womenlan ; deux longs métrages : Un Printemps d'ailleurs (fiction) et Mon Père et sa Mélancolie (documentaire). Deux longs métrages de fiction sont en cours de développement : D'où Vient le Vent et . Tous ces projets ont bénéficié du soutien d'institutions fédérales et provinciales au Canada et au Québec.

    www.red-dawn-productions.com

FILMOPTION présente une production de FILMS CAMERA OSCURA et RED DAWN PRODUCTION

« MONTRÉAL, MA BELLE » 

avec JOAN CHEN  CHARLOTTE AUBIN  JOHN XU  PEI YAO XU  et  ANZHE ZHANG 
distribution des rôles GENEVIÈVE HÉBERT  conception artistique GREG NOWAK  costumes VALÉRIE GAGNON-HAMEL  son JONATHAN LAFOND  conception sonore SANDY PINTEUS  mixage GORDON NEIL ALLEN  musique originale GAËTAN GRAVEL  montage TAO GU  image MARIE DAVIGNON
scénario XIAODAN HE  coproduction XIAODAN HE  production CHRISTINE FALCO réalisation XIAODAN HE